Le coût du stress

Publié le par Dos Santos Thierry

Le coût du stress

Le stress à un coût, et ça coûte cher!

Les entreprises sont de plus en plus confrontées à une montée du stress et de la violence sur site. Or, préserver la santé mentale est une obligation. Les pathologies associées au stress et à la violence sont coûteuses, humainement et économiquement.

Pour l'individu

Le stress rend malade. Il entraîne de nombreuses conséquences sur la santé de l'individu : dépression, suicides, maladies cardio-vasculaire, troubles musculo-squelettiques... Au-delà de ces maladies graves et parfois mortelles, un individu stressé est un individu fragilisé. Ainsi, une personne stressée sera plus susceptible d'attraper la grippe, de développer des allergies,...

Pour l'entreprise
Absentéisme et arrêts maladie
  • Plus de 7 millions d'arrêts de travail et près de 250 millions de journées indemnisées (Caisse nationale d'assurance maladie, 2004).
  • Selon la commission européenne (Europe des 15), en 2002, le stress au travail serait la cause de 50 % de l'absentéisme.

Des salariés stressés sont souvent moins performants, davantage absents et davantage susceptibles d'être victimes d'un accident du travail. Un salarié absent, c'est une charge de travail accrue pour ses collègues qui risquent à leur tour d'être surchargés stressés, et arrêtés, etc....

Il est à noter que le décès d'un salarié lié à une situation de souffrance au travail entraîne pour l'employeur :

  • Une perte de productivité
  • Une image dégradée
  • Un climat perturbé
  • un risque financier : le conjoint de la personne décédée perçoit une rente équivalente à 40% du salaire tandis que chaque enfant bénéficie d'une rente correspondant à 20 % du salaire dans la limite globale de 85 %
  • un risque pénal, car les procureurs peuvent considérer que certains suicides résultent d'un harcèlement. L'employeur s'expose alors à des poursuites judiciaires.

Cependant peu d'entreprises essayent d'endiguer le phénomène. Il s'agit pourtant d'un domaine où il ne faut pas rester inactif : si les employeurs français ont du mal à accepter l'existence du stress professionnel, il est largement reconnu au niveau international. Aujourd'hui, le stress dans nos entreprises est trop souvent considéré comme étant « apporté » par les salariés ayant des soucis personnels.

Une entreprise où il ne fait pas bon vivre aura un fort taux de turn-over, c’est-à-dire un taux anormal de départs. Les mouvements de personnel entraînent des pertes financières et des pertes de compétences : perte de productivité du salarié qui quitte l’entreprise ou envisage de la quitter, démotivation des collègues, frais de recrutement, temps consacré au recrutement, charges administratives, temps d’adaptation et de formation du nouveau salarié, effet négatif sur l’image de l’entreprise.

Les entreprises qui auront le plus de chances de réussir seront celles qui aideront les travailleurs à faire face au stress et qui réaménageront soigneusement le milieu de travail afin qu'il soit mieux adapté aux aptitudes et aux aspirations de leurs salariés. Certaines misent déjà sur la satisfaction et l'épanouissement de leurs salariés en facilitant l'équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle, en favorisant la diversité, en luttant contre le stress. Elles ont fait de ces critères des leviers de recrutement car elles savent que leur image « patronale » a une valeur bien réelle auprès des salariés.

Le saviez-vous ?
Le chef d'entreprise a une obligation générale de préservation de la santé mentale des salariés de son entreprise, qui est renforcée par une obligation spéciale de prévention du harcèlement.

Pour la société

Bernard Salengro, médecin du travail et responsable de la Santé au travail au sein de la CFE-CGC, évalue le coût social du stress à environ 3% du PIB, payé majoritairement par les contribuables au travers de l'assurance maladie, et non par les entreprises.

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