Analyse de la CFE-CGC sur les principales mesures de la « Loi Rebsamen »

Publié le par Dos Santos Thierry

Analyse de la CFE-CGC sur les principales mesures de la « Loi Rebsamen »

Après l’échec de la négociation des partenaires sociaux sur la réforme de la modernisation du dialogue social, échec très clairement lié à un refus des organisations patronales d’avancer dans la conciliation, le Gouvernement a donc repris la main sur ce dossier. La CFE-CGC a alors engagé un travail de lobbying important auprès du cabinet du ministre du Travail puis auprès des deux assemblées, en proposant de nombreux amendements.

Nous pouvons aujourd’hui être satisfaits d’une loi qui a veillé à maintenir plus ou moins les équilibres nécessaires à la pratique du dialogue social.

La CFE-CGC reste cependant sceptique sur la portée de cette loi. Va-t-elle réellement moderniser dans le temps le dialogue social ? Nous espérions une évolution plus profonde qui aurait modifié substantiellement notre modèle de gouvernance sociale.

En mettant en place une véritable codécision à la française, l’action collective pourrait s’engager sur la base de décisions concertées.

Il est temps de construire un système dans lequel le projet s’élabore en commun, employeurs et salariés, car nous défendons les mêmes intérêts : ceux de l’entreprise. Une telle réforme prend tout son sens en plaçant le salarié au cœur du projet de l’entreprise. Cette modification profonde permettrait à l’entreprise de devenir plus compétitive dès lors que tous les acteurs qui la composent seraient associés à la stratégie et à sa mise en œuvre.

C’est la raison pour laquelle nous nous sommes battus, dans le cadre du projet de loi relatif au dialogue social et à l’emploi pour défendre l’évolution de la gouvernance des entreprises.

Pour réussir cet enjeu, il faut des organisations syndicales et patronales légitimes. L’élection n’est pas suffisante pour déterminer la légitimité des organisations.

C’est pourquoi la CFE-CGC défend le critère d’adhésion et propose de réserver le bénéfice des accords aux seuls adhérents d’organisations syndicales représentatives. Nous sommes convaincus que c’est la seule manière d’intéresser l’ensemble des salariés au fait syndical et par ricochet, à la vie de la cité au sens noble du terme. La modernisation du dialogue social aurait pu être repensée autour d’un système laissant une place bien plus large à l’adhésion syndicale.

Seul un véritable projet collectif nous permettrait de répondre aux enjeux économiques et aux problèmes de compétitivité des entreprises. La loi Rebsamen ne bouscule pas hélas les grands principes actuels qui figent le dialogue et l’appauvrissent.

Pour l’heure, vous trouverez dans le document joint les points essentiels de la loi qui vient d’être votée.

Pour la partie concernant la représentation des salariés et la négociation collective, le Centre de formation syndicale (CFS) va bien évidemment mettre en place des modules destinés à vous apporter les outils nécessaires pour appréhender les nouvelles pratiques et en tirer le meilleur parti.

La CFE-CGC est en progression aujourd’hui dans toutes les entreprises, continuons notre «ascension» avec de nouvelles méthodes mais toujours avec la spécificité qui est la nôtre, celle de défendre les intérêts communs des salariés et de l’entreprise.

Carole COUVERT
Présidente de la CFE-CGC

Publié dans info gle

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