La contre-attaque de Casino face à un fonds américain spéculateur

Publié le par Dos Santos Thierry

Mis en cause jeudi dernier par un rapport au vitriol du fonds Muddy Waters, qui a fait chuter son cours de 11%, le distributeur français riposte. Il dénonce une volonté de nuire et la diffusion de rumeurs mensongères.

Quatre jours après la publication d'un rapport à charge d'un fonds américain, qui avait spéculé a la baisse sur son titre, Casino contre-attaque. Comme il l'avait annoncé jeudi, le distributeur français publie ce lundi par communiqué une réponse détaillée aux attaques de Muddy Waters Capital, un fonds américain ayant publié le 17décembre un rapport valorisant son titre à 6,91 euros et celle de sa maison-mère Rallye à presque zéro… Le rapport, qui n'hésitait pas à s'en prendre au PDG et principal actionnaire du groupe Casino, avait fait chuter son cours de Bourse de plus de 11% sur la séance, à moins de 45 euros.

Selon ce communiqué très détaillé de la société, qui dénonce la volonté de nuire du fonds, le rapport prend notamment en compte la situation d'endettement du groupe en milieu d'année, à l'époque où il est le plus impacté par des effets de saisonnalité. Par ailleurs, l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) retenu pour le calcul des ratios d'endettement correspond aux résultats de fin d'année dernière, soit aux moments où les résultats du groupe ont été les plus affectés par ses investissements dans les prix. «Ce qui contribue à fausser le calcul», précise le groupe. «Le calcul d'un ratio de levier financier sur la base de données à fin juin ou à fin septembre ne reflète pas un niveau d'endettement normatif», insiste-t-il ainsi à plusieurs reprises. De fait, la dette nette attendue par le marché en fin d'année est attendue à 6,1 milliards d'euros, contre 9,6 milliards indiquée dans la note. Pour Casino, ce parti pris comptable s'apparente à une manipulation de calcul, n'ayant pour but que d'«affecter la valeur des actions et des instruments de dette de Casino».

L'Ebitda des activités françaises estimé à 900 millions d'euros en 2016

Pour appuyer sa démonstration, Casino souligne qu'à aucun moment, le rapport ne s'attarde sur l'activité économique ou la dynamique opérationnelle du groupe, dont les performances en France ne cessent de s'améliorer, se contentant d'attaquer des indicateurs financiers. Ce qui renforce la thèse d'une attaque spéculative de la part d'une structure ayant une position vendeuse. Le lendemain de la publication du rapport, Muddy Waters avait d'ailleurs racheté un tiers de sa position à la vente sur Casino, tombé alors à 40 euros. Pour les analystes de Société Générale, cette opération discrédite la valorisation du fonds américain.

Soucieux d'être irréprochable sur sa transparence financière et de prouver sa bonne dynamique commerciale, Casino estime à 900 millions d'euros l'Ebitda de ses activités françaises pour 2016. Une prévision que le groupe se risque à donner rarement si tôt.

«Le groupe Casino dispose de liquidités solides»

«Le groupe Casino dispose de liquidités solides, couvrant largement tous ses remboursements de dette à venir jusqu'au-delà de 2017», ajoute le communiqué en référence aux attaques sur ses échéances financières. Dans sa défense, Casino rappelle par ailleurs que le consensus d'analystes, qui regroupe 23 couvertures du titre, valorise en moyenne l'action Casino à 56 euros (et à 47 euros pour les 10 analystes travaillant sur la base d'une somme des parties).

Dernier argument de poids, Casino rappelle que deux agences de notation, S&P et Fitch, ont confirmé la qualité de crédit du groupe à BBB- il y a moins de 15 jours. Ceci en prenant en compte le plan de désendettement de 2 milliards d'euros du groupe l'an prochain, annoncé il y a moins d'une semaine. Le groupe avait alors présenté un plan de cession d'actifs et d'opérations immobilières. Celui-ci se base entre autres sur la vente partielle d'actifs immobiliers en Thaïlande et en Colombie, et la cession de l'activité au Vietnam. L'annonce avait fait bondir le cours de Casino de près de 7% mercredi, la veille de la publication du rapport de Muddy Waters.

S'appuyant sur cet argumentaire fouillé visant à rassurer les marchés, Casino rappelle avoir saisi l'AMF pour l'ouverture d'une enquête. Dénonçant la diffusion de fausses rumeurs et la volonté de manipuler son cours de bourse dans un objectif purement spéculatif, le groupe envisage également des poursuites pénales, même si les griefs et motifs n'ont pas encore été définis.

PDG et principal actionnaire du groupe stéphanois Casino, qu'il a réussi à transformer en 25 ans en géant mondial de la distribution discount et de proximité grâce à sa vision stratégique, Jean-Charles Naouri est plus que jamais déterminé à défendre les intérêts et la réputation d'un géant employant plus de 300.000 salariés face aux tentatives de déstabilisation venues d'Outre-Atlantique.

Publié dans info concurrents

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